I Don’t Belong Anywhere : synopsis

Le cinema de chantal akerman-®benjamin_charier

New-York, septembre 2014, Chantal a choisi de nous raconter l’histoire des sa vie, l’histoire de ses films.

New-York, ville d’inspiration et de libération pour la toute jeune belge qui a quitté sa famille et Bruxelles pour tourner News from home, dans une forme minimaliste, mélangeant la lecture des lettres de sa mère avec les images du quotidien new-yorkais.

Bruxelles–New-York, New-York-Bruxelles, aller-retour incessant.

A 25 ans, elle tourne  Jeanne Dielman, 23, Quai du commerce, 1080 Bruxelles, qui deviendra son œuvre centrale [1]. Elle y décrit minutieusement le quotidien d’une femme, la répétition aliénante des gestes ménagers mais aussi l’enfermement en référence à sa mère qui a connu les camps de concentration. Sa mère, qui tiendra une place prépondérante dans toute sa filmographie.

Le récit de Chantal s’ouvre alors à d’autres protagonistes :

Gus van Sant, ému par l’esthétique cinématographique de ce film, s’en est inspiré pour son propre cinéma.

Claire Atherton, à Paris, la monteuse attitrée de Chantal, se livre avec celle-ci à une sorte de leçon de cinéma, images à l’appui : où placer la caméra, comment diriger les acteurs, comment structurer et évaluer la durée des plans etc…

A l’hôtel métropole, à Bruxelles, dans une chambre qui rappelle les années 80, Aurore Clément, la comédienne qui interpréta le rôle principal dans  Les rendez-vous d’Anna.

Toujours fascinée par la précision et l’exigence du travail de Chantal, elle frisonne encore, comme si c’était hier, de cette aventure cinématographique mais aussi des déconvenues lors de la projection. « Le film était trop dérangeant, trop expérimental, le public, les journalistes nous huaient ».

« Cette relation complexe avec le public, je l’avais déjà vécue avec ‘Je, tu, il, elle’, renchérit Chantal (…) On a dit que c’était du cinéma en faveur du courant lesbien, alors que je ne me sentais militante d’aucune cause ».

Dans un autre registre, elle se lance dans les comédies, dont le célèbre Un divan à New-York avec Juliette Binoche et William Hurt. Elle raconte avec humour l’histoire du tournage mais aussi les difficultés de rencontrer le grand public. On lui reproche alors de faire du cinéma commercial.

Mais rien ne l’arrête. Elle foisonne de projets, et va se tourner notamment vers le documentaire.

Nous voici à Tel-Aviv, retour aux origines, déambulations de Chantal dans la ville, en repérage pour de futures productions et réminiscences de son documentaire Là-bas qui explore à partir d’un appartement son imaginaire sur Israël.

A Varsovie, elle tourne D’Est, une allégorie tout en travellings sur la question de la mort, qui déclenchera son second métier d’artiste plasticienne, ou encore Sud, aux Etats-Unis, évocation du meurtre d’un jeune noir.

Désert de Judée, elle marche dans ce lieu, hors du temps, qu’elle affectionne, se hisse sur un promontoire, dresse comme un bilan de son travail.

« Qu’est-ce qu’on peut ou ne peut pas montrer par le cinéma ? Moi, j’ai toujours choisi de suggérer, de faire appel à l’imagination du spectateur… »

Elle s’éloigne, on la voit de dos, partir vers nulle part et pourtant, elle filme encore, son portable à la main.

[1] Le British Film Institute l’a classé parmi les 50 meilleurs films de tous les temps