L’homme de sable : fiche technique, biographies et filmographies des réalisateurs

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Fiche technique

Long métrage
Durée : 74 minutes
Supports : DCP, Blu Ray, Beta Digit

Réalisateur : José-Luis Peñafuerte
Scénario : José-Luis Peñafuerte et Luc Jabon
Image : Rémon Fromont, avec Géraud Vandendriessche
Son : Jean-Luc Fichefet
Montage : Michèle Maquet
Producteurs : Francis Dujardin (Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles)
Christine Pireaux (Les Films de la Passerelle)

Une coproduction : Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Les Films de la Passerelle – RTBF Secteur Documentaire – Wallonie Image Production – Loterie Nationale –Tax Shelter Liege Airport – Ciné +

Avec le soutien de Madame Fadila Lanaan, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des chances de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le réalisateur : José-Luis Peñafuerte

Né à Bruxelles, de nationalité belge et espagnole, José-Luis Peñafuerte a passé son enfance à Bruxelles. Dans les années 80, il suit ses parents exilés politiques qui retournent en Espagne, leur terre natale, avant de regagner à nouveau la Belgique des années plus tard. Au début des années 90, il collabore étroitement à la création du premier festival de cinéma hispanique de Bruxelles. En 1993, il entre à l’IAD (école belge de cinéma), en section réalisation cinéma et documentaire, où il réalisera plusieurs courts métrages de fictions et de documentaires. En 2001, José-Luis présente son premier long métrage documentaire, Niños, qui retrace l’exil forcé et oublié des orphelins de la guerre civile espagnole. Le film sera sélectionné dans divers festivals internationaux et diffusé par plusieurs télévisions européennes avec un succès. Son deuxième film, Aguaviva (2005), s’intéresse à la question de l’immigration, à travers le cas d’un petit village espagnol vieillissant et déserté qui fait appel à des étrangers pour se repeupler et revivre. En 2007, le Ministère de la Culture espagnol lui confie la récupération d’archives et de témoignages filmés des derniers exilés politiques espagnols vivant en Belgique. L’année suivante, il fonde à Bruxelles le collectif « Les Sentiers de la Mémoire » qui a pour but de préserver et de promouvoir la mémoire de l’exil espagnol en Belgique. Avec son premier long métrage documentaire, Les Chemins de la Mémoire (2010), José-Luis Peñafuerte réalise le premier film qui dévoile les crimes commis durant les quarante années de dictature franquiste en Espagne. Le film sortira avec succès dans les salles de cinéma de plusieurs pays européens, et il sera récompensé de divers prix internationaux comme le prix CMCA du meilleur documentaire méditerranéen de l’année, le Magritte du meilleur documentaire belge, ainsi que le Prix Condorcet-Aron pour la démocratie. En 2011, il sera nommé membre d’honneur de l’Institut Cervantes de Belgique. Actuellement, il prépare l’adaptation cinématographique du roman « Le Grand Voyage » de l’auteur franco-espagnol Jorge Semprun, bestseller des éditions Gallimard.

 

Thierry Michel 

Cinéaste, photographe, enseignant et journaliste, Thierry Michel dénonce les détresses et les révoltes du monde, mêlant parfois fiction et réalité.

Thierry Michel est né en 1952 à Charleroi en Belgique dans une région industrielle surnommée le « pays noir ». A 16 ans il engage des études de cinéma à l’Institut des arts de diffusion, à Bruxelles. Il y vit les derniers bruissements de mai 68 et l’agitation étudiante, prélude à un engagement politique, dans les engrenages militants et lyriques de l’époque. Au bassin minier et sidérurgique de son enfance, il réalise ses premiers films documentaires Pays Noir, Pays Rouge et Chronique des saisons d’hiver. Il y réalise également son premier long métrage de fiction Hiver 60 qui raconte la grande grève insurrectionnelle belge de 1960.

Peu après, alternant documentaires et fiction, il entre une caméra poignante et complice dans les murs d’une prison pour son film Hôtel particulier, un hymne à la liberté au cœur de l’enfermement. Ensuite, après ces années d’une quête d’identité et d’enracinement régional et politique, Thierry Michel part vers d’autres continents à la recherche d’autres solidarités, d’autres utopies. Dans ce Maroc profond qui l’a toujours attiré, il réalise son deuxième long métrage de fiction Issue de Secours, une œuvre poétique et mystique au cœur du désert.

A la fin des années 80, il opère un retour au réel avec un aspect bouleversant du Brésil : les gosses de rue et des favelas (bidonvilles) qu’expriment les émouvants Gosses de Rio et A fleur de Terre. Il y découvre la culture noire, cette culture qu’il va approfondir au Zaïre avec son célèbre et plusieurs fois primé Zaïre, le cycle du Serpent, un portrait impitoyable de la Nomenklatura et des laissés pour compte de la société zaïroise.

Bref retour au pays, il y filme un ministre déchu au cœur d’un scandale politico-policier qui ébranle profondément la Belgique La Grâce perdue d’Alain Van Der Biest avant de reprendre son sac à dos et d’aller interroger le bien-fondé de la charité armée internationale avec Somalie, l’Humanitaire s’en va-t-en guerre.

Quelques mois plus tard, il repart au Zaïre pour y réaliser un film sur l’héritage colonial et la présence blanche dans ce pays après 35 ans d’indépendance, Les Derniers Colons. Quelques jours après son arrivée, il est arrêté, incarcéré et expulsé du pays. Son matériel saisi, il termine son film grâce à ses archives personnelles et aux images tournées lors des repérages. Il réalise un documentaire sur le rapport historique entre Zaïrois et colons blancs durant ces 35 années d’indépendance du Congo/Zaïre, Nostalgie post-coloniale.

Après quoi, il repart pour l’Afrique réaliser une œuvre majeure Donka, radioscopie d’un hôpital africain.  Ce tragique portrait humaniste et sans concession de l’hôpital de Conakry en Guinée obtiendra les plus grandes distinctions tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Toujours entraîné dans le sillage de l’Afrique, Thierry Michel engage, après la chute du dictateur Zaïrois, la réalisation d’un documentaire historique qui n’est pas sans rappeler les grandes tragédies shakespeariennes : Mobutu, Roi du Zaïre.

Il découvre ensuite la République Islamique d’Iran, dans l’un des berceaux de l’islamisme intégriste et y réalise Iran, sous le voile des apparences. L’œil du cinéaste y capte la ferveur religieuse des uns qui contraste si violemment avec le désir de liberté des autres.

Thierry Michel remonte ensuite le fleuve Congo et voyage à nouveau dans l’histoire, la mémoire et le destin de l’Afrique. Cheminement personnel vers la source et les origines de ce pays, il continue avec Congo River sa quête de lumière et de ténèbres, porté par le désir de remonter dans le mystère et les profondeurs de sa forêt équatoriale et de son fleuve majestueux.

Ce sera ensuite une plongée dans les mines africaines au cœur des multinationales avec son film Katanga Business. Une parabole sur la mondialisation qui prend la forme d’un thriller économico-politique sur fond de violence sociale.

En 2010, Floribert Chebeya, militant congolais des Droits de l’Homme internationalement reconnu, est assassiné par la police. Sous la  pression internationale,  le procès débute 5 mois plus tard. Thierry Michel a filmé ce procès où des officiers militaires jugent des chefs de la police. Bien au delà de la RDC et d’un cas particulier, L’affaire Chebeya, un crime d’état ? pose des questions universelles sur la défense des droits humains. Tragi-comédie politique, ce film est à la fois la chronique d’un procès exceptionnel et un passionnant thriller politique. Alors que le cinéaste était sur le point de présenter le film à la population congolaise, il est à nouveau expulsé et interdit de territoire.

Cela ne l’empêchera de continuer d’évoquer le Congo et de signer le portrait L’irrésistible ascension de Moïse Katumbi. Richissime homme d’affaires de la province africaine pourvue en minerais précieux, ce personnage haut en couleur est non seulement le gouverneur de cette région mais aussi le président du célèbre club de football « le Tout puissant Mazembe ». Médias, sport, politique et affaires, tel est le cocktail proposé par ce nouveau Messie africain.

Insatiable de curiosité, Thierry Michel n’arrête pas depuis plus de 40 ans de filmer les visages qui peuplent la « réalité sublimée » de sa caméra à travers le monde.

Thierry Michel est aujourd’hui professeur. Il enseigne le cinéma à l’Institut des Arts de Diffusion et l’Université de Liège en Belgique et dirige de nombreux séminaires sur l’écriture et la réalisation de films documentaires de par le monde.

Filmographie complète : www.passerelle.be